Canadien l’hiver, provençal l’été, le puits climatique creuse son trou et profite d’une belle popularité. Comment cela fonctionne-t-il ? Quels bénéfices en attendre ?
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Passée la couche superficielle, la terre réagit peu aux variations du climat, entre le jour et la nuit, ou entre l’hiver et l’été. Cette constance augmente avec la profondeur. Le puits climatique tire parti de ce principe.
Une idée simple
L’idée consiste à faire passer dans le sol l’air destiné à être diffusé dans la maison. En hiver, l’air froid se réchauffe. En été, l’air chaud rafraîchit. Un puits climatique comporte donc un collecteur, relié à un long circuit de gaines qui mesure environ 40 à 50 mètres. Ce réseau débouche dans le sous-sol de la maison.
• Les gaines, de 20 cm de diamètre, sont enterrées à une profondeur d’au moins 1,20 m. Il faut respecter une pente régulière, soit un dénivelé de 80 cm pour un réseau de 40 m. Les raccordements, comme les gaines, sont parfaitement étanches, à l’eau comme au radon, un gaz radioactif présent dans le sol.
• Pour conserver les performances du système, l’air ne doit pas circuler à une vitesse supérieure à 4 mètres par seconde, l’idéal étant 2 m/s.
• L’entrée d’air doit être protégée de la pluie, des insectes, des rongeurs et des poussières.
Avantages
En hiver, en réchauffant l’air neuf, le puits climatique permet d’économiser de l’énergie par rapport aux systèmes de ventilation qui puisent l’air directement à l’extérieur, comme la ventilation naturelle par tirage thermique ou la VMC simple flux.
En été, le puits climatique, en rafraîchissant l’air entrant, permet de maintenir la ventilation même pendant les heures les plus chaudes et d’améliorer encore le rafraîchissement nocturne par surventilation.
En intersaison, l’efficacité dépend des conditions extérieures. Par exemple, au printemps, il n’est pas nécessaire de rafraîchir l’air (de 20 à 15 °C par exemple) pendant la journée, alors qu’il peut être utile de le réchauffer la nuit (de 12 à 15 °C).
L’amenée d’air du puits climatique débouche dans le sous-sol de la maison. Il faut alors la distribuer afin de respecter la réglementation et assurer une « aération générale et permanente ». Ce rôle est dévolu à la VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée).
Simple flux
L’installation d’une VMC simple flux en complément d’un puits climatique n’est pas idéale. En effet pour respecter le principe du balayage complet de la maison, il faut amener l’air neuf, provenant du puits, dans toutes les pièces de vie, ce qui oblige à installer un nouveau réseau de gaines.
Double flux
Dans ces conditions, l’installation d’une VMC double flux est bien plus efficace (Temperation® Géothermique). Car, si elle comporte, elle aussi, un double réseau, elle dispose surtout d’un échangeur qui récupère jusqu’à 90 % de la chaleur évacuée. Il est alors possible de tirer avantage des deux systèmes :
- L’air est distribué dans toute la maison, conformément à la réglementation.
- En été, l’air ne passe pas dans l’échangeur, grâce à un by-pass. Il est rafraîchi par le puits.
- En hiver, le puits adoucit l’air entrant. Il n’y a pas de risque de givrer l’échangeur thermique de la VMC.
- En intersaison, le système s’adapte selon les besoins et la température souhaitée.
La réalisation d’un puits climatique doit faire l’objet d’une étude complète afin de s’assurer de l’intérêt effectif de l’opération, en regard des difficultés qu’elle peut éventuellement présenter.
Le site
L’installation d’un puits climatique est particulièrement intéressante dans les régions où les écarts thermiques sont importants, très froid en hiver ou très chaud en été, à la montagne ou dans le sud de la France. Il est moins utile en cas de climat doux, en zone littorale par exemple.
• La nature du terrain doit être considérée. Une terre humide et lourde est idéale. Un sous-sol rocheux augmente le coût du terrassement.
• Le calcul de l’efficacité doit également tenir compte du mode de chauffage, de façon à affiner le pilotage des deux installations.
Surtout l’été
En récupérant 90 % de la chaleur contenue dans l’air évacué, une VMC double flux à haute efficacité (Dee Fly) est plus performante qu’un puits climatique. En effet, si l’air extrait est à 20 °C, après passage dans l’échangeur, l’air diffusé est à 18 °C (au lieu de 14-15 °C pour le puits). En couplant la VMC double flux haute efficacité et un puits climatique, la récupération passe à 93 %. Compte tenu de l’investissement nécessaire à la réalisation d’un puits, ce gain est trop faible pour rendre l’opération rentable. En revanche, l’été, le rafraîchissement est sensible, surtout si la maison est bien protégée par des occultations solaires efficaces et une isolation performante.