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Dossiers thématiques - La ventilation

La ventilation naturelle

Les chiffres sont là : en France, la majorité des bâtiments existants est aérée grâce à des dispositifs de ventilation naturelle. À l’inverse, les bâtiments neufs disposent presque tous d’une ventilation mécanique. Pourquoi ?

Sommaire :
1- Les deux moteurs de la ventilation naturelle
2- Une imagination fertile
3- Des difficultés certaines

1- Les deux moteurs de la ventilation naturelle

Pour renouveler l’air de la maison, il faut créer une circulation entre des points d’entrée et de sortie. Cette circulation est obtenue exclusivement par la différence de pression. L’air passe de la haute vers la basse pression afin d’équilibrer les deux milieux. Le courant d’air se maintient tant que l’équilibre n’est pas établi et que rien ne vient interrompre la circulation. Dans une VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée), le moteur électrique provoque cette différence de pression en aspirant l’air. En ventilation naturelle (VN), le renouvellement dépend de deux principes physiques simples.

La chaleur et le vent
• L’air chaud est plus léger que l’air froid. Il monte et, ce faisant, aspire l’air froid qui le remplace, se réchauffe à son tour, etc. C’est le « tirage thermique ».
• Le vent provoque une pression qui vous bouscule les jours de tempête lorsque vous lui faites face. Derrière vous, se crée une dépression, pour tenter d’équilibrer la « perturbation » que votre corps constitue. Dans un bâtiment, le vent crée une pression contre la façade exposée et une dépression de l’autre côté.

Les avantages
La ventilation naturelle ne consomme pas d’électricité. Son fonctionnement est silencieux. L’entretien est pratiquement inexistant. La réalisation de l’installation est économique. Et cela ne coûte rien à l’usage.

2- Une imagination fertile

Les installations de ventilation naturelle tirent parti du vent ou du tirage thermique, parfois des deux.

L’ouverture des fenêtres
Aérer en ouvrant en grand est le procédé d’aération le plus simple, mais il est interdit par la réglementation depuis 1969.

La ventilation traversante
Les entrées d’air sont placées face au vent dominant, les sorties à l’opposé. L’organisation intérieure est adaptée en conséquence, les pièces de vie sont exposées au vent dominant.

Le tirage thermique
Les entrées d’air sont placées à la base des murs de façade. Des bouches et un conduit vertical évacuent l’air par le toit. Le tirage thermique est présent dans toutes les maisons équipées d’un conduit de cheminée ouvert.

Vent et tirage thermique
L’effet de tirage obtenu par le conduit vertical est renforcé par un extracteur statique qui crée une dépression supplémentaire en tournant sous l’effet du vent. C’est le système de VN le plus répandu actuellement.
• D’autres techniques visent à créer une dépression localisée, sous l’effet de la chaleur du soleil par exemple, qui sert de moteur d’aspiration à l’air intérieur. C’est le principe du mur Trombe ou des façades double peau des immeubles de grande hauteur.

3- Des difficultés certaines

Comme souvent, un principe simple devient très compliqué dès qu’il s’agit de s’atteler à des applications pratiques. La ventilation naturelle n’échappe pas à cette règle.

Dépendance vis-à-vis du climat
Plus il fait froid, plus il y a du vent, plus le renouvellement s’accélère. Il faut recourir à des dispositifs particuliers, comme des entrées d’air autoréglables, des régulateurs de débit, pour compenser ces variations. À l’inverse, par temps calme, ou au printemps et en été, l’aération peut être insuffisante.
• Dépendante des conditions extérieures, la VN ne prend pas en compte l’occupation des locaux. Elle fonctionne de la même façon, que la maison soit vide ou pleine, sauf à ajouter de nouveaux dispositifs. C’est le principe inverse de la VMC, indépendante des conditions extérieures et adaptée à l’usage des locaux.

Dépendance vis-à-vis du bâti
La réalisation d’une installation de ventilation naturelle doit faire l’objet d’une étude détaillée. Chaque projet est unique car il dépend des conditions locales, du type de bâtiment, de son usage et de son occupation. Une solution efficace ne peut pas être transposée en l’état à un autre projet. D’autre part, les calculs de débit, de renouvellement, sont particulièrement difficiles à établir et à quantifier avec précision. Au contraire, dans le cas d’une VMC, les données sont précises, facilement transposables et mises en œuvre par tous les acteurs de la chaîne de construction, du concepteur au poseur.
• Les performances des deux phénomènes physiques en jeu augmentent avec la taille de la construction. La ventilation naturelle est plus adaptée aux bâtiments collectifs, résidentiels ou tertiaires.



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