Un citadin passe environ 22 h sur 24 dans un environnement fermé, à la maison, au bureau, dans sa voiture ou les transports en commun. Ses poumons offrent une surface d’échange d’environ 90 m2 et traitent 15 000 à 20 000 litres d’air chaque jour.
La qualité de l’air intérieur revêt une importance primordiale.
![]() |
Sommaire : 1- La pollution intérieure 2- Des facteurs aggravants 3- Un problème à l’étude 4- Une stratégie globale |
De plus en plus nombreuses, les études réalisées sur le sujet convergent vers un constat commun : l’air à l’intérieur des bâtiments est plus pollué qu’à l’extérieur. Pourquoi ?
Endogène, exogène
Comme une maison n’est pas parfaitement étanche, la pollution extérieure pénètre à l’intérieur. Il s’agit principalement de gaz et de particules provenant de la circulation routière et de l’activité industrielle.
À cela s’ajoute la pollution produite dans le logement. La fumée de tabac est un excellent exemple, les appareils à flamme vive aussi (poêle, cheminée, gazinière, …). Même les matériaux de construction et le mobilier émettent des composés toxiques. L’odeur du neuf n’est pas agréable pour notre santé.
Outre le tabac, l’activité humaine contribue à la pollution, dès que vous utilisez un produit d’entretien, un aspirateur traîneau, que vous cuisinez, que vous bricolez ou que vous …respirez !
Inventaire
L’air intérieur concentre des dizaines de composés chimiques. Ce cocktail comporte des gaz, comme le dioxyde de soufre, le monoxyde de carbone, l’oxyde d’azote, l’ozone, le radon. Il est complété par une vaste palette de produits chimiques regroupés dans la famille des COV (composés organiques volatils). Parmi eux, citons le benzène, le chlorure de vinyle, les éthers de glycol, le formaldéhyde, … L’air transporte enfin de très nombreuses particules en suspension (PES), plus ou moins grosses, comme les poussières, les bactéries, les moisissures, les allergènes de plantes ou d’animaux, les fibres végétales ou minérales (amiante, …), le plomb, les poussières inertes, etc.
Le savez-vous ? Il n’est pas nécessaire d’être à côté d’une usine pour subir une pollution importante. Il suffit d’être sous le vent dominant d’une grande agglomération. Les composés toxiques émis par le bassin parisien produisent leurs effets jusqu’en Allemagne.
Les problèmes de pollution ne sont pas récents. Le fameux smog londonien au XIXe siècle était provoqué par le chauffage au charbon. La nouveauté, c’est l’inversion des concentrations et l’évolution sur le long terme. L’air à l’extérieur est de plus en plus « propre ». Parallèlement, il est de plus en plus pollué à l’intérieur.
Plastiques
Nos maisons sont de plus en plus équipées. La majorité de ces produits est industrialisée, transformée, traitée. Une armoire, autrefois en bois massif, est désormais en panneaux de particules agglomérées, recouverts d’un revêtement synthétique. De nombreux objets sont fabriqués en plastique. Ils consomment de l’électricité, produisent des champs magnétiques…
Notre envie de confort contribue aussi à l’augmentation de la pollution. Un air plus chaud est aussi plus humide. C’est un excellent bouillon de culture pour les moisissures, les bactéries, certains virus, les acariens et les blattes.
Calfeutrage
Réduire l’aération du logement permet d’économiser l’énergie, mais augmente la pollution intérieure. Ce problème affecte particulièrement les logements anciens dont les entrées d’air sont obturées 6 fois sur 10, sans mise en place d’une ventilation de substitution.
L’exposition aux polluants de l’air intérieur présente des conséquences diverses, dont les effets pour la plupart sont mal connus. Se pose en particulier le problème de l’interaction des polluants entre eux, de leur influence sur la santé, même à faible dose, à moyen ou long terme.
Personnes fragiles
Une mauvaise qualité de l‘air intérieur affecte en premier lieu les sujets sensibles, comme les allergiques (asthmatique ou autres), ceux qui souffrent d’une affection cardio-vasculaire, les jeunes enfants ou les personnes âgées. Mais nous sommes tous concernés par des baisses d’attention, des irritations, physiques et nerveuses, de la somnolence. Plus grave, certains composés favorisent le cancer ou des maladies invalidantes (amiante, plomb, …).
Oqai Reach
L’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (Oqai) a été crée pour étudier ce problème de santé publique. Une grande étude a été lancée sur un nombre important de logements, de toutes natures, et sur une vaste palette de polluants. Les résultats de cette enquête montrent une grande disparité des résultats selon le type de logement. Ils révèlent l’aspect particulièrement dangereux de certains environnements. Pour en savoir + : www.air-intérieur.org
En novembre 2005, le Parlement européen a adopté le programme REACH qui porte sur l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques. Il oblige les fabricants et les importateurs de ces produits à les enregistrer dans une base de donnée. Cela concerne environ 30 000 substances. Certaines, si elles présentent un risque, devront recevoir une autorisation avant leur mise sur le marché.
Le principal facteur de la mauvaise qualité de l’air intérieur est sa concentration en polluant. Pour la réduire, trois procédés sont à mettre en œuvre.
Limiter les émissions
Un système de chauffage performant et régulièrement contrôlé émet très peu de composés toxiques.
Les appareils de chauffage à flamme qui ne comportent pas d’évacuation extérieure, comme les radiateurs à gaz ou les poêles à pétrole, doivent être évités.
Arrêtez de fumer (ou fumez dehors). N’utilisez pas de diffuseurs de parfum, d’insecticides, d’encens ou de bougies.
Isolez efficacement du reste de la maison la pièce dans laquelle vous entreprenez des travaux. Maintenez l’aération, par les fenêtres ouvertes par exemple, tant que l’odeur de neuf est perceptible, plusieurs jours s’il le faut. Agissez avec précaution ou évitez d’intervenir sur les revêtements anciens (peintures, charpentes, produits en amiante ciment).
Ventilez
La VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) en assurant l’aération générale et permanente de la maison contribue à la réduction des concentrations de façon considérable. Dans les régions qui sont concernées, pour prévenir les problèmes spécifiques liés au radon, l’installation d’une VMC double flux est conseillée. En effet, le radon est un gaz radioactif présent naturellement dans le sol qui peut s’infiltrer dans les maisons. Une VMC double flux évite de mettre celles-ci en dépression et donc de faire remonter ce gaz.
Aspirez
Équipez votre maison d’un aspirateur centralisé. Il permet d’enlever les poussières, sans les remettre en suspension dans l’air. Son utilisation est plus silencieuse, sans odeur et sans fatigue inutile.
Si vous utilisez un poêle ou une cheminée, équipez-vous de détecteurs de fumées et de monoxyde de carbone (CO). En cas de problème, ces petits appareils vous préviendront par une alarme stridente. Placez-les à proximité des chambres afin qu’ils puissent vous réveiller en cas d’incident la nuit.