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Fondation du souffle : interview du Pneumologue Bruno Housset

« On estime que 50 % de la population sera asthmatique en 2050 »

Bruno Housset est chef du service de pneumologie du Centre hospitalier intercommunal de Créteil (Val-de-Marne) et Président de la Fondation du Souffle, qui a fêté ses 100 ans en 2016. Aldes est l’un des mécènes de cette institution, avec laquelle elle partage le même objectif : que tout le monde puisse respirer un air sain.


Pouvez-vous nous présenterla Fondation du Souffle ?

La Fondation du Souffle est l’héritière du Comité national de défense contre la tuberculose, créé en 1916. Il y avait en effet plus de morts par tuberculose[1] que sous les obus…

Puis, d’autres maladies ont émergé, notamment à cause du tabagisme qui provoque cancer du poumon et insuffisance respiratoire. Avec le lobbying de l’industrie du tabac, on a malheureusement trop longtemps douté des ravages sanitaires causés par le tabac. De plus, la pollution a changé de nature et ses effets délétères ont été mieux connus. Aujourd’hui nous connaissons les effets à long terme, alors qu’auparavant on se concentrait surtout sur les pics de pollution. Or, ces derniers ont finalement un effet moindre sur la santé, en comparaison avec la pollution chronique, de fond.

Face à ces différentes problématiques, le comité national a évolué progressivement pour devenir la Fondation du Souffle en 2011.

Quel est son message, ses missions ?

Le souffle c’est la vie. L’objectif de la Fondation tourne autour de ce credo. Notre but est de permettre à chacun de respirer un air pur avec des poumons sains. Notre message est positif. L’idée est de vous faire oublier que vous respirez, tout simplement.

Pour favoriser cela, nous menons des opérations de sensibilisation et d’éducation auprès du grand public. Nous finançons également la recherche de façon importante. Nous avons actuellement une centaine de demandes de financements et c’est extrêmement frustrant de ne pouvoir accéder à des demandes de qualité. Mon travail en tant que président de la Fondation du Souffle consiste à faire rentrer des financements pour assurer la recherche. Ils proviennent des particuliers, ainsi que des mécènes divers, qui ont un intérêt pour la qualité de l’air et la santé. Et Aldes en fait partie.

Enfin, notre troisième mission consiste à aider financièrement, de façon ponctuelle, des personnes atteintes d’une maladie respiratoire et pour lesquelles toutes les autres ressources ont été épuisées.

Quels sont pour vous les plus grands enjeux aujourd’hui autour de la qualité de l’air et des maladies respiratoires ?

Il faut réduire absolument les sources de pollution qui altèrent les fonctions respiratoires et vasculaires. Cet enjeu se trouve entre les mains des politiques, des industriels et des citoyens. Le chauffage au bois est très polluant par exemple. Par ailleurs, il faut privilégier les modes de transport doux. Les voitures hybrides et électriques doivent être démocratisées.

Il faut également changer le mode de calcul des particules fines, afin d’évoluer vers de nouvelles normes pour les constructeurs de voiture notamment. Elles sont exprimées aujourd'hui en microgramme par m³. Or, il faut plutôt parler de nombre de particules et non de poids, car pour une même masse, plus elles sont petites, plus elles sont nombreuses et plus elles ont de surfaces en contact avec l’organisme. Analyser leur composition chimique et notamment la présence de métaux lourds s’avère également essentiel.

Autre enjeu : nous passons 80 % de notre temps à l’intérieur de locaux. D’une part, la pollution extérieure y entre et d’autre part, il y a une pollution intérieure que l’on mesure encore peu. Or, pour mieux lutter contre la pollution, il est indispensable de mieux la cerner. Il existe bien des capteurs, mais sont-ils fiables ? Il faudrait développer des outils permettant de savoir à quoi sont exposées exactement les personnes les plus vulnérables, en premier lieu les enfants et les personnes âgées. Les femmes enceintes également, car la pollution qu’elles respirent impacte directement le fœtus et la santé de l’enfant à naître.

A l’intérieur des locaux, il est très important de faire attention à ce que l’on utilise comme produits ménagers, matériels de bricolage ou peintures, dégageant des COV[2] qui peuvent avoir des effets sur les bronches. Il est essentiel de bien ventiler et d’aérer son logement. Attention, il faut un traitement de l'air rigoureux avec des équipements de qualité et bien entretenus. A New-York en 2015, il y a eu une épidémie de légionellose[3] véhiculée par la climatisation par exemple. L’utilisation d’une VMC moderne pourrait, selon un travail québécois, réduire les symptômes d’asthme chez l’enfant.

Il y a urgence. Il faut avoir bien conscience que ce sont les générations futures qui vont être les plus affectées. Nous savons aujourd’hui que les effets de la pollution de tous les jours seront visibles à long terme. On estime que 50 % de la population sera asthmatique en 2050, contre 30 % aujourd’hui (chiffre qui a déjà doublé en 20 ans).

Est-ce que l’on a découvert d’autres complications liées à une mauvaise qualité de l'air dont on n’a pas/peu connaissance ?

Si vous vivez à proximité d'un axe routier à fort trafic, vous avez plus de risques de développer un cancer du poumon, mais pas seulement. Des chercheurs canadiens ont établi que les personnes qui vivent à moins de 50 mètres d’un grand axe routier ont 7 % de risques supplémentaires de développer des démences, dont la maladie d'Alzheimer (ce risque diminue pour atteindre 4 % entre 50 et 100 mètres et 2 % entre 100 et 200 mètres). En effet, les particules fines peuvent atteindre le sang, mais aussi le cerveau.

Sans parler des risques d'attaques vasculaires, d'infarctus du myocarde, d'hypertension et aussi de diabète. Les particules et les produits polluants se diluent aussi dans le tissu graisseux et sont libérées progressivement lorsque l’on maigrit…

Nous entrons en pleine période des allergies liées au pollen. Quelles sont vos remarques, conseils, analyses à ce sujet ?

Il faut se protéger autant que possible et éviter les lieux où il y a une forte présence de pollen, en regardant notamment les cartographies que l’on peut trouver sur Internet. Si besoin, prendre des médicaments.

Il faut savoir que le pollen interagit avec la pollution. Cette dernière augmente le risque d’allergie aux pollens qui se fixent sur les particules fines que l’on respire, facilitant alors l’intrusion des pollens au niveau des bronches.

Il y a également une synergie avec le réchauffement climatique. Les plantes à pollen se développent à des latitudes inhabituelles, comme l'ambroisie qui remonte vers le nord par exemple. Quant aux orages, ils peuvent faire exploser les grains de pollen. En Australie il y a eu une « tempête de pollens » meurtrière en décembre 2016.

En conclusion, 90 % des maladies respiratoires sont développées en lien avec notre environnement. C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut vraiment le préserver…

Pourquoi un partenariat avec Aldes ? Comment a-t-il été mis en place ?

Le renouvellement de l’air et donc la ventilation des locaux est cruciale quand on parle de pollution et de santé respiratoire. Dans ce domaine de la qualité de l’air intérieur, les équipes d’Aldes sont très performantes.

Je suis venu dans leurs locaux en juin 2016, à leur demande, pour donner une conférence sur ces différents sujets. J'ai pu discuter avec eux de leurs approches. Ils ne se limitent pas à la filtration des particules, mais se préoccupent également d'autres polluants comme les COV, les germes, les moisissures…

Après un certain nombre d'échanges nous avons établi une convention de partenariat. L'objectif est qu’il soit reconduit d'année en année. Si Aldes développe des équipements de qualité qui permettent d'améliorer la qualité de l'air ambiant, cela nous intéresse ! On diminue ainsi le recours aux soins…

Enfin, ce partenariat avec Aldes peut permettre aussi la mise en contact de différents professionnels. Je travaille actuellement avec un architecte qui réfléchit aux modes de construction d’un immeuble au-dessus d'une route par exemple. Il faudrait donc installer un système spécifique pour récupérer les polluants liés au trafic et filtrer l'air. Ces projets interprofessionnels vont dans le sens de l’amélioration de la qualité de l’air intérieur.

  1. [1] La tuberculose est une maladie contagieuse qui s’attaque habituellement aux poumons.
  2. [2] Composés volatils organiques : l’un des polluants de l’air intérieur.
  3. [3] La légionellose ou « maladie du légionnaire » est une forme de pneumonie due à une bactérie qui se développe dans les réseaux d’eau douce naturels ou artificiels, ainsi que dans des milieux organiques favorables, tels que les stations thermales, les piscines, les réseaux de climatisation…

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