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Maladies respiratoires : interview/l'avis du pneumologue allergologue Denis Charpin

Le Pr Denis Charpin, spécialisé en pneumologie et en allergologie depuis une quarantaine d’années, exerce aujourd’hui au sein de l’Unité de Pneumologie du Centre Hospitalier de la Timone, qui fait partie du CHU de Marseille.

Il intervient également sur les problématiques de santé publique, particulièrement concernant la qualité de l’air intérieur, ainsi que de l’air extérieur et leurs répercussions sur la santé, notamment le développement de maladies respiratoires


Qualité de l’air et maladies respiratoires : « la santé environnementale doit faire partie du programme scolaire dès le primaire »

Depuis que vous exercez, quel est votre constat général quant à l’évolution des maladies respiratoires comme l’asthme et les allergies ?

« Depuis 20 ans, on estime que les cas de maladies respiratoires ont doublé. Toutefois, il faut prendre du recul sur ces chiffres qui sont à nuancer. En effet, ces pathologies sont mieux connues du monde médical, ainsi que des malades.

Concernant l’asthme plus particulièrement, on constate que cette maladie inflammatoire des bronches a cessé de progresser dans les pays développés, mais qu’elle continue de prendre de l’ampleur dans les pays en voie de développement. Les populations qui vivaient auparavant à la campagne et qui viennent en ville sont soumises à de fortes pollutions atmosphériques… La qualité de l’air a donc bien un rôle dans ce développement des maladies respiratoires comme le souligne d’ailleurs l’OMS. »

Quelles sont les causes majeures des maladies respiratoires ?

« La prédisposition génétique augmente les risques de développer une pathologie respiratoire. Toutefois, on considère désormais en épigénétique, qu’il y a une transformation de l’environnement des gênes, qui sont soumis aux polluants. Ceci entraîne une modification de leur activité : les protéines fabriquées par les gènes peuvent changer en fonction de la qualité de leur environnement et ainsi avoir un impact également sur le développement de maladies respiratoires.

Les polluants extérieurs font partie des causes majeures des maladies respiratoires, surtout les particules fines émises notamment par les pots d’échappement des voitures. De nouvelles études doivent toutefois être réalisées dans ce domaine. Je trouve que le procès fait au diesel est abusif : les vieilles voitures à essence sont plus polluantes. En outre, les automobiles représentent 40 % des sources de pollution aux particules fines : c’est donc loin d’être la seule source. On citera les installations industrielles, les chauffages individuels, le brûlage à l’air libre des déchets verts théoriquement interdit…

Quant aux polluants de l’air intérieur, il y a encore peu d’études sur le sujet. On connait assez bien les effets des allergènes sur la santé respiratoire, mais moins ceux des composés organiques volatils, même s’il est vraisemblable qu’ils sont irritants… Il est plus coûteux de les analyser, car ils sont différents selon chaque habitation et il s’agit par ailleurs de lieux privés.

Le changement des modes de vie est aussi lié. Dans l’hypothèse hygiéniste, accoucher par voie basse permet au bébé d’être en contact avec des formes microbiennes favorables au développement de son système immunitaire. La césarienne augmenterait le risque de développer des maladies respiratoires. »

Quels types de pathologies rencontrez-vous le plus souvent ces dernières années ? Quelles sont les populations les plus touchées ?

« Il y a un domaine qui me frappe beaucoup : l’insalubrité et les conséquences sur la santé. J’ai travaillé longtemps dans les quartiers nord de Marseille où se trouvent de grandes propriétés maltraitées et particulièrement touchées par la moisissure, qui engendre des pathologies respiratoires. Dans ce cas-là, le problème est loin d’être seulement médical. Il est aussi sociétal. Face à ce genre de situation, le médecin ne va pas proposer de médicament. Soit les occupants quittent le logement, soit une demande de rénovation doit être faite auprès du propriétaire. Mais reste la problématique du coût et celle des personnes pouvant intervenir. Les pouvoirs publics ont ici leur rôle à jouer. »

Quels conseils donnez-vous à vos patients en termes de prévention santé pour réduire les risques de maladies respiratoires et les allergies à l’intérieur de la maison et à l’extérieur ?

« En premier lieu ne pas fumer. Il s’agit de loin de la première cause du développement de maladies respiratoires. La France est d’ailleurs en retard dans ce domaine : on compte deux fois plus de fumeurs qu’en Grande-Bretagne par exemple. Il y a d’une part un manque d’écoute des messages sanitaires. Les Français ne sont pas disciplinés. Il y a quelque chose de culturel, on se méfie des conseils qui peuvent être donnés… D’autre part, il faut intensifier la prévention. En tant que médecin c’est plus facile pour nous d’argumenter quand on se trouve face à des patients qui ont perdu du souffle, mais ce n’est pas pour autant qu’ils arrêtent. Il faut dire que le tabac est une drogue vraiment dure, c’est très difficile de s’en défaire. Je vois des patients qui fument jusqu’au bout, même avec un appareil à oxygène dans le nez...

Puis, il faut bien aérer et ventiler les habitations. Les gens ne sont pas conscients de la pollution présente à l’intérieur. Ils s’aménagent des intérieurs très allergènes… Il existe des systèmes de VMC très performants, mais le problème c’est que souvent les équipements sont mal installés et mal entretenus. Il est indispensable de changer les filtres, pour que la ventilation fonctionne correctement.

Enfin, il faut utiliser des produits ménagers naturels comme le savon noir ou le vinaigre blanc. Je constate que ce message passe bien auprès de la population lors des ateliers auxquels je participe pour deux associations dont je fais partie[1]. Il s’agit en effet de solutions concrètes et accessibles à tous. Il est conseillé aussi d’éviter les produits sous forme de spray, les huiles essentielles, les bougies parfumées… A ce propos je fais également partie de l’Anses[2], qui a un projet de réglementation pour faire interdire certaines de ces bougies parfumées d’ici à deux ans, en fonction de leur taux de substances cancérigènes que nous allons mesurer. »

Selon vous, quelles sont les actions prioritaires à mettre en place pour réduire les problèmes sanitaires qui découlent d’une mauvaise qualité de l’air ?

« Il faudrait déjà revoir la méthode de mesure des particules fines pour mieux agir ensuite. En effet, aujourd’hui elles sont exprimées en microgrammes par mètre cube d’air. Or, ce n’est pas le poids qui compte (plus les particules sont petites et plus elles sont nocives), mais le nombre de particules, la surface externe de chacune d’entre elles en contact avec l’air et leur composition chimique… Certains organismes de surveillance commencent toutefois à utiliser cette méthode de comptage.

C’est important pour mettre en place les bonnes solutions. La circulation alternée est contre-productive selon moi, car elle détourne l’attention du véritable problème : selon les chiffres de l’agence Santé publique France datant de juin 2016, 93 % de la mortalité prématurée en relation avec les particules, provient de la pollution de fond. Les pics représentent peu de chose…

Surtout, aujourd’hui les sources de pollution sont beaucoup plus diffuses que dans les années 1960 où l’on contrôlait avant tout les industriels. Pour moi il faut donc passer désormais par l’éducation du public sur les questions autour de l’environnement et de la santé environnementale. Or, on ne trouve pas grand-chose dans les programmes scolaires sur le sujet. Il serait bien d’introduire ces notions dès l’école primaire. Par ricochet, les parents seraient touchés aussi… »

  1. [1] Conseils Habitat Santé et l’Association pour la prévention de la Pollution Atmosphérique (APPA).
  2. [2] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

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